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L'affaire d'Outreau et les deux aspects de la vérité judiciaire



La vérité judiciaire pour les acquittés

L'affaire a été jugée, les conclusions sont définitives en l'absence d'éléments nouveaux, et la vérité judiciaire qui en découle s'impose à toute personne quelles que soient ses opinions. Les acquittés d'Outreau sont donc considérés comme innocents.

La vérité judiciaire pour les victimes

La vérité judiciaire qui vaut pour les acquittés ne peut en masquer une autre - dont curieusement on parle beaucoup moins - celle qui vaut pour les enfants victimes. Oui, la justice a retenu les viols, agressions sexuelles, actes de barbarie, et douze enfants ont été officiellement reconnus victimes et même indemnisés à ce titre - quoique infiniment moins que les acquittés.

Or cette vérité-là, qui ne vaut rien de moins que celle des acquittés, a été allègrement piétinée par nombre d'articles et de commentaires audiovisuels, toujours sur le registre d'allégations martelées par la défense qui s'évertue à faire croire que les enfants ont menti.

Tout se passe comme si un aspect de la vérité judiciaire devait nécessairement infirmer l'autre.  Or en dépit de cette alternative qui semble logique, les deux aspects ont le même poids et s'imposent de la même manière. Et c'est tout le paradoxe de ce qui résulte de l'affaire.

Le paradoxe de cette "autre vérité" met forcément mal à l'aise ceux et celles qui ont l'honnêteté de la prendre en compte pour peu d'ailleurs qu'ils - elles - en entendent parler. La défense qui continue à entretenir les poncifs simplistes sur l'affaire et au besoin à envoyer des épithètes méprisants à ceux qui veulent voir les choses de façon plus circonspecte, n'en parle évidemment pas, et les médias ne font rien pour la remettre en lumière au risque de mécontenter tout un public qui a tiré du "scandale" et de son épilogue - la mise à mort médiatique du juge Burgaud - un certain plaisir malsain. Pour ceux-là, l'histoire est trop appréciée pour accepter qu'elle soit rectifiée. Les pauvres victimes n'ont donc que peu de chances de se faire entendre.


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