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Outreau pour les chercheurs de vérité

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Pitié pour les enfants d'Outreau



Quand Claire Brisset, la défenseure des enfants monte au créneau...

Enfance volée (journal du dimanche du 30 mai 2004)
Vous avez dix ans. Vous parlez devant votre mère, devant votre père, qui reconnaissent vous avoir violé. Vous avez dix ans et vous parlez devant une cour d'assises avec un président en robe rouge, un avocat général, une myriade d'avocats en noir, des greffiers, des policiers en uniforme, un public qui manifeste, des journalistes qui prennent des notes. Parfois, l'audience tourne à la foire d'empoigne, les exclamations fusent, les grandes personnes s'interrompent bruyamment. Peu importe, il faut raconter, des heures durant, debout, ce qui s'est passé quand vous aviez cinq ans, six ans, sept ans, raconter dans tous les détails, qui a fait exactement quoi, et comment, et combien de fois, et avec qui.

...

Le premier droit de ces enfants serait d'abord d'échapper aux dérives insensées auxquelles donnent lieu ce procès. Enfants piétinés à l'audience, interrogés pendant des heures devant leurs parents, devant le public, sur des faits qui les poursuivront pendant toute leur vie.

 

Pitié pour les enfants d’Outreau (Le monde du 30/31 mai 2004)

Le premier paragraphe est identique dans les deux articles

Dehors, des caméras, des micros en rangs serrés, scrutent et interrogent quantité d'adultes qui parlent à votre place. Votre nom, votre prénom, votre âge, tous les détails de votre vie, les pires, seront inscrits dans les journaux. Après, plus tard, il faudra retourner à l'école, continuer à vivre, jouer au foot, tomber amoureux. Tout cela, bien sûr, sera oublié. La société des adultes vous aura bien protégé.

  Il y a quelque chose de dément dans tout cet enchaînement. La France, comme tous les pays démocratiques, s'est dotée de textes extrêmement précis sur la protection de l'enfance, de professionnels avertis, de conceptions juridiques raffinées, de pratiques judiciaires éprouvées. Et pourtant, ce procès agit comme un révélateur de dysfonctionnements en chaîne dont les premières victimes sont encore les enfants.

Voir les deux articles en un fichier pdf