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Outreau pour les chercheurs de vérité

Le meurtre de la petite fille
Une histoire très sérieuse



Attention, la lecture des documents auxquels les liens de cette page donnent accès
sont potentiellement choquants et sont réservés aux adultes.

 

Lors du procès d'Outreau à Rennes, le cas "Daniel Legrand mineur" est resté la plupart du temps en arrière-plan d'un débat qui a porté comme l'on pouvait s'y attendre sur l'ensemble des questions relatives à l'affaire. Ce fut le procès des enquêteurs, de l'instruction, des services sociaux, des défenseurs mêmes de la partie civile, tous les rouages dont les torts cumulés pouvaient servir à argumenter en faveur de l'innocence aussi bien de l'accusé présent dans le box que des personnes qui jadis furent inquiétées. Les débats furent intéressants et la position de la défense n'a pas été toujours facile, même si cela ne semble pas avoir eu beaucoup d'influence sur le réquisitoire - et sur le résultat - auquel on pouvait s'attendre.

La question du meurtre d'une petite fille est revenue à de nombreuses reprises tout au long du procès. À cette occasion, des pièces très importantes du dossier ont été lues et ont livré le côté effroyable de l'affaire auquel une partie du public présent ne s'attendait pas. La lecture de ces pièces était cependant nécessaire pour débattre de manière contradictoire autour de la ligne de défense de Daniel Legrand qui consistait à dire qu'il était étranger à l'affaire et que les révélations qui ont été faites antérieurement au procès de Saint-Omer, lors de l'instruction, du étaient pure invention.

Les faits :

Le meurtre d'une petite fille a été révélé par une lettre de Daniel Legrand au début de l'année 2002. Cette nouvelle, publiée dans les médias à partir du 10 janvier, a suscité une vive émotion. A cette date, Daniel Legrand tout comme Myriam Badaoui sont en détention. Leur fils Jonathan est dans sa famille d'accueil à Outreau, Dimitri est dans sa famille d'accueil à Samer.

Des recherches ont été rapidement entreprises, mais rapidement abandonnées. L'instruction de cette affaire disjointe a abouti à un non-lieu en 2005.

4 janvier 2002 : Daniel Legrand, en détention à la prison de Loos, écrit une lettre ou il dit avoir été témoin du meurtre d'une fillette
Cette lettre est adressée à France 3 et au juge d'instruction Fabrice Burgaud qui la reçoit le 9 janvier
9 janvier : Fabrice Burgaud, en présence du greffier P. Duval   interroge Daniel Legrand assisté de son avocat Me Rangeon .

Daniel Legrand donne des détails précis.
Lors du procès de Rennes, Daniel legrand dira qu'il a tout inventé, qu'il a dit n'importe quoi.
9 janvier : Fabrice Burgaud, en présence du greffier P. Duval interroge Myriam Badaoui assistée de son avocate Me Pouille

Myriam Badaoui donne des détails précis
Lors du procès de Rennes, Myriam Badaoui clamera le fait d'avoir menti, d'avoir dit n'importe quoi !
A ce stade, il est intéressant de comparer les détails de ces deux "n'importe quoi"
11 janvier : Audition de Dimitri par le juge Fabrice Burgaud en présence de P. Duval, greffier, Mme Bernard, assistante maternelle de Dimitri, Me Normand, avocat de la partie civile

Suite à une question ouverte, Dimitri décrit spontanément le meurtre d'un bébé

Une scène bien différente de celle que raconte son frère, et tout à fait différente de ce dont les médias commencent à parler.
-> Ce n'est donc pas l'effervescence médiatique qui l'aurait influencé.
-> ce n'est pas une autre version du meurtre, mais l'évocation d'un autre meurtre

De plus, Dimitri parle AUSSI du meurtre de la fillette en précisant qu'il ne l'a pas vu.

Voir le témoignage de Dimitri
10 janvier : l'information paraît dans la presse et à la radio  Jonathan réagit immédiatement auprès de sa "Tata" :

« je le sais cela, ça s'est passé à la maison. Il y avait tout le monde (noms... ) et maman disait que c'était la fête. Il y en a qui disent que c'est mon père qui a tué la petite fille, mais c'est le père de Daniel XXXXX qui l'a tuée avec le bâton de mon père. Elle a été tuée parce qu'elle se débattait. Il y avait plein de sang partout. C'était une petite fille de 4 ans. J'ai des images dans ma tête. »
11 janvier : Audition de Jonathan par le juge Fabrice Burgaud en présence de P. Duval, greffier, Mme Bernard, assistante maternelle de Dimitri, Me Normand, avocat de la partie civile

Voir le témoignage de Jonathan
18 janvier : Daniel Legrand est examiné par le psychologue Michel Emirzé auquel il confirme avoir été témoin du meurtre d'une fillette et donne des éléments précis sur son propre comportement. Il parle de Myriam et Thierry Delay qu'il connaît. Cette pièce montre l'audace de la ligne de défense de Daniel Legrand qui a répété à Rennes qu'il ne connaissait pas les Delay avant d'avoir été arrêté par erreur.

Voir aussi cet article : Outreau : on avait dit le meurtre invraisemblable... Et pourtant !