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Outreau pour les chercheurs de vérité

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La Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau


La participation des membres de la commission

S’agissant des membres de la Commission, il n’est que de parcourir leurs autobiographies respectives - telles qu'on les trouve dans Wikipedia - pour s’apercevoir que la plupart mentionnent cette participation un peu comme on s’accroche une médaille. Cette participation a été pour le moins réduite pour certains d’entre-eux qui ont été très peu loquaces ou même absents. Les temps de parole de ceux qui ont eu un rôle significatif sont donnés sur le graphe ci-dessous établi à partir d’un logiciel de comptage de mots. Le graphe donne le temps de parole en minutes sur la base supposée de 180 mots par minute.

Par ailleurs, cette commission qui a donné largement la parole aux acquittés et à leurs avocats l’a donné beaucoup moins à la partie civile, et aucune victime n’a été entendue, un comble, mais qui démontre s’il en était besoin le peu de cas qui est fait de leur parole. Un coup d’œil à ce graphe montre les disproportions effarantes dans ce qui aurait dû normalement relever d’un processus contradictoire équilibré.

Comment comprendre par exemple que l’expert judiciaire Marie-Christine Gryson-Dejehansart qui a expertisé au plus près des faits les 15 enfants victimes dont deux fois les enfants Delay - qui a de plus été placée sous le tir nourri de la défense et ciblée par de nombreux articles qui ont relayé complaisamment ces attaques fondées sur des contre-vérités - ait eu moins de vingt minutes pour s’exprimer ? Il ne s’agissait pas, bien évidemment de refaire le procès des acquittés, mais de comprendre ce qui aurait pu être anormal dans la conduite du procès et de l’instruction qui le précédait dont on entendait dire qu’elle était à charge.

Pour accomplir cette besogne, la commission a conduit de fait un procès à charge à l’encontre des professionnels de toutes catégories, éducateurs, assistantes sociales, assistantes maternelles, policiers, experts, magistrats… avec en point d’orgue le lynchage public du juge Burgaud alors que l’Inspection Générale des Services judiciaires pas plus que le Conseil Supérieur de la Magistrature n’ont pu lui imputer de faute grave.

Comment la partialité peut-elle se mesurer ?

Question apparemment délicate où la subjectivité pourrait jouer un grand rôle. Pourtant, il est un signe très révélateur qui peut faire l’objet d’une mesure : le taux de reprises de parole.On peut facilement repérer sur le graphe ci-dessous une barre bien plus haute que les autres. Elle est significative se la manière selon laquelle les personnes de différentes catégories ont été interrogées.

Principe : Lorsque l’on entend une personne que l’on respecte, que l’on croit, on a tendance à la laisser parler. Au contraire, si la personne est mal considérée ou que ses propos sont pressentis comme contestables, les coupures de paroles entraînant une reprise seront plus nombreux. Nous avons donc eu la curiosité de mesurer à partir d’un logiciel d’analyse de texte, le taux de reprises de parole pour chacune des catégories de personnes entendues par la commission. Le résultat est assez parlant :

On remarque tout de suite que le taux de coupure des acquittés – en quelque sorte sanctifiés par la Commission – est le plus bas et que le taux est maximum chez les enquêteurs, les travailleurs sociaux et assistantes maternelles maternelles qui ont été fort injustement critiquées et… Le juge Burgaud. Entre les pages 522 et 579 du rapport des auditions de la Commission parlementaire (tome2) on compte parmi les 110 questions posées au juge Burgaud pas moins de 80 questions idiotes – toutes repérées et listées – qui montrent l'absurdité de la charge portée contre un magistrat et le fait que la démarche d’humiliation et de lynchage l’a emporté sur la pertinence des questions.

On peut, dix ans après, se demander comment de telles défectuosités de laborieux et coûteux travail ont pu passer inaperçues ? En fait, les institutions et le public – tout comme les journalistes qui avaient donné à l’affaire la coloration tenace qui subsiste encore – étaient très peu regardants, préférant conclure par un point d’orgue une saga prête à se couler dans la gangue fossilisée de l’Histoire. Sauf que des histoires mal traduites, on ne peut tirer de bonnes leçons pour l’avenir.