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Outreau pour les chercheurs de vérité

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La Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau

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Une commission bien étrange… vue dix ans après

Qu’avaient donc en tête les parlementaires qui ont siégé à la Commission parlementaire sur l’affaire d’Outreau ?

Au départ, sans doute guère plus que quelques articles de journaux, le souvenir d’images télévisées saisissantes, des vociférations de certains avocats s’adonnant devant micros et caméras à une forme nouvelle de procès-réalité, sans doute aussi dans leur tête et dans leur cartable, le roman de Florence Aubenas dont nombre de leurs interventions semblent imprégnées.

Au départ de leurs travaux, le dossier d’Outreau ne leur était pas accessible. Témoin cette remarque de Mr Léonce Deprez qui est pourtant beaucoup intervenu pour évoquer des faits au moment de conclure les auditions :

« Permettez-moi de vous dire, Madame, que seul le rapporteur de cette commission a accès au dossier.  »

Ce à quoi Philippe Houillon, le rapporteur, réppond :

« Je voudrais mettre les choses au point, parce que cette question revient souvent. Seul le rapporteur a qualité pour se faire communiquer toutes les pièces qu’il estime utiles à l’information de la commission. En revanche, ces pièces peuvent ensuite être consultées par tous les membres de notre commission.»

On peut pourtant avoir un doute sur la connaissance que le rapporteur a de ce volumineux dossier dont il aurait perçu la teneur comme par magie ainsi qu’il le rapporte dans son livre « Au cœur du délire judiciaire » :

« Je suis chez moi, dans la cuisine. C’est le soir. La nuit est tombée sur le jardin où mes rosiers frissonnent. Devant moi, posées sur la table, les pièces cardinales [qui a fait le tri?] de ce fameux dossier d’Outreau qui, déjà, passionne les foules. En un seul coup d’œil, j’embrasse la trame de l’affaire et la distribution des rôles. Services sociaux, juges d’instruction, juges des libertés et de la détention, procureur de la République, magistrats de la chambre d’instruction : la chaîne est longue, les acteurs nombreux et le langage juridique, qui court sur toutes ces pages, terriblement froid. Cette photographie, désormais, ne me quittera plus. »

Tous ceux qui ont pu jauger ce dossier de plusieurs dizaines de milliers de pages savent que l’on ne peut s’en faire d’idée qu’après des mois de travail. Avoir accès à quelques morceaux choisis ne permet pas de juger à bon escient. Si donc la Commission s’est gardée – tout comme le juge Burgaud quoi qu’on en dise – d’avoir « marché au Badaoui » pour reprendre un sarcasme outrancier qui semble avoir eu un certain impact, on ne peut écarter qu’elle aurait « marché à l’Aubenas »

La Commission n’a pas traité QUE de l’affaire d’Outreau. Le graphe ci-dessous donne les proportions qui s’appliquent aux propos de différentes natures.

SUITE : ce que révèlent les auditions

Voir le site de la Commission d'enquête Parlementaire